Expositions
Saisons polaires #Témoignages arctiques
Equipe artistique
Oeuvres : Claire Astigarraga
Scénographie : Margot Ducatez
Médiation : Raphaëlle Astigarraga
Production : Les Corbeaux Dynamite
Financeurs (via les Corbeaux Dynamite)
DRAC Pays de la Loire
Département Loire Atlantique
DRAJES Pays de la Loire
Le Bateau-Givre
Partenaires de production
Le Bateau-Givre
Maréemotrice
Ressources
Jean Malaurie
Les derniers rois de Thule
Ultima Thule
Knud Rasmussen
Du Groenland au Pacifique
De nouveaux hommes
Paul-Emile Victor
Banquise
La civilisation du phoque
EXPOSITION EN TOURNEE
Impact de la mondialisation et du réchauffement climatique vécu par les populations locales.
La vie des peuples Groenlandais a de tous temps été rythmée par les saisons. Pendant six mois, il fait jour. La mer est ouverte., c’est le temps de l’abondance Puis viennent les longues nuits et la banquise à perte de vue, le temps de diminuer l’activité et de sociabiliser avec ses voisins. Si l’alternance du jour et de la nuit reste immuable, les pratiques, elles changent. L’ouverture de nouvelles voies maritimes liées au réchauffement climatique sort peu à peu le Groenland de son isolement. La mondialisation galopante met son peuple en porte-à-faux, tiraillé entre traditions d’un monde en voie de disparition et modernité d’un monde qui les tient à l’écart. A l’aide des témoignages récoltés auprès des habitant.es de la côte ouest du Groenland en 2016, 2017 et 2024, je tente de transcrire ces mutations qui les heurtent de plein fouet, de témoigner de leurs doutes, de leurs interrogations, mais aussi de leurs espoirs.
L'intégralité des témoignages est à retrouver dans un ouvrage relié, disponible au sein de l'exposition.
« Autrefois chacun pêchait pour se nourrir. Il n’y avait pas d’autre option pour survivre. Aujourd’hui la pêche est devenue un métier. Beaucoup de gens travaillent pour l’entreprise de pêche Royal Greenland. Mais on ne mange pas ce poisson-là. Ce sont principalement de la crevette et de la morue qui partent à l’exportation." Nuna, pêcheur groenlandais, Aasiaat 2016
"La quantité de poissons à beaucoup diminué. Les morues sont de plus en plus petites. Je me souviens il y a 20 ans, on pêchait des spécimens énorme ! Il faut s’éloigner de plus en plus des côtes pour remplir les filets. C’est la faute aux énormes chalutiers qui croisent au large, entre le Canada et le Groenland. Ils raflent tout." Peter, 60 ans, danois installé à Aasiaat depuis 20 ans, 2016
"Aujourd’hui tout ce que nous consommons, tout ce dont nous nous servons arrive par bateau, par la Royal Arctic Line qui a le monopole. En porte-container l’été, en brise-glace l’hiver. On trouve de tout au Pisiffik (la chaîne de supermarchés principale au Groenland), même des fruits exotiques !" Pitarfik, marin chez la Royal Arctic Line groenlandais, Aasiaat 2017
"Dans les années 1980 tout le monde a été forcé d’émigrer vers les villes car le gouvernement danois menait une campagne de recensement et cela lui facilitait la tâche. Cela évitait aussi d’équiper en eau potable et en groupes électrogènes les hameaux disséminés dans les fjords. La plupart d’entre eux ont dû laisser une partie de leurs affaires en partant". Björg, danois et Anuqiak, groenlandaise. Il nous traduit en anglais les paroles de sa femme, Aasiaat, 2016
"Aujourd’hui, à Aasiaat, une usine de combustion des déchets permet de chauffer les maisons. Elle fonctionne très bien, il y a peu de pannes. Les déchets représentent une vraie problématique, nous n’avons pas de centre de recyclage et cela coûte trop cher de les rapatrier au Danemark. Du coup la majorité des déchets courants sont brûlés pour alimenter la ville en chauffage" Jens, artiste Danois installé depuis 30 ans au Groenland, Illulisat 2017